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Oralité

Mon enfant mange mal à 2 ans — lien avec la succion en période néonatale ?

📅 28 mars 2026 ⏱️ 1 min de lecture

Quand les difficultés alimentaires persistent au-delà du biberon

Votre enfant de 18 mois ou 2 ans refuse certaines textures, a des réflexes de haut-le-cœur dès qu'on approche une cuillère, ou refuse catégoriquement de goûter de nouveaux aliments ? Vous vous demandez peut-être si c'est "normal" ou si quelque chose de plus profond est en jeu.

Ce que l'on sait aujourd'hui, c'est que le développement de l'oralité alimentaire commence bien avant les premières purées. Il prend racine dans les toutes premières semaines de vie, lors des tétées au sein ou au biberon.

L'oralité : un continuum de la naissance à l'enfance

L'oralité, c'est l'ensemble des fonctions liées à la bouche : téter, déglutir, mordre, mâcher, goûter, parler. Ces fonctions se développent dans un ordre précis, et chaque étape prépare la suivante.

Un bébé qui a présenté des troubles de la succion durant ses premières semaines — qu'il s'agisse d'une succion inefficace, de difficultés à déglutir, ou d'une fatigue excessive lors des repas — peut développer une sensibilité orale particulière. La bouche a été associée à de la difficulté, de l'inconfort, voire de la douleur. Le cerveau enregistre.

Signes qui peuvent indiquer un lien avec la période néonatale

Voici quelques situations qui méritent qu'on s'interroge sur les origines :

  • Votre bébé a eu du mal à téter dès la naissance (fatigue rapide, prise de poids insuffisante, douleurs à l'allaitement)
  • Un frein de langue a été détecté mais pas traité, ou traité tardivement
  • Votre enfant a été nourri par sonde à la naissance (prématurité, hospitalisation)
  • La transition vers les solides a été chaotique, avec des réactions très vives aux nouvelles textures
  • Votre enfant présente un réflexe nauséeux (gagging) très prononcé, même à la vue de certains aliments

Ce n'est pas une question de caractère ou de caprice

Il est important de le dire clairement : un enfant qui refuse de manger certains aliments ne fait pas "des caprices" dans la grande majorité des cas. Il y a souvent une cause neurologique, sensorielle ou mécanique à ces comportements. Les forcer à manger ne fait qu'aggraver l'anxiété autour du repas.

Ce qu'on appelle la néophobie alimentaire (refus des aliments inconnus) est normale entre 18 mois et 3 ans — mais quand elle s'accompagne de rejet de textures déjà connues ou de réflexes nauséeux intenses, une évaluation spécialisée est utile.

Vers qui se tourner ?

Plusieurs professionnels peuvent aider :

  • Un ergothérapeute spécialisé en intégration sensorielle : pour les enfants qui ont des réactions très fortes aux textures, odeurs ou températures
  • Un orthophoniste pédiatrique : pour évaluer la coordination oro-motrice et la déglutition
  • Une diététicienne pédiatrique : pour s'assurer que les apports nutritionnels sont couverts malgré les restrictions alimentaires

En Suisse romande, vous pouvez trouver ces spécialistes via notre annuaire. Des professionnels sont notamment disponibles dans les cantons de Vaud, Genève, Valais et Fribourg.

Il est rarement trop tard pour agir

Même si les premières semaines sont passées depuis longtemps, le cerveau reste plastique. Avec une prise en charge adaptée et bienveillante, la plupart des enfants progressent significativement. L'objectif n'est pas de forcer un enfant à manger de tout, mais de l'aider à élargir progressivement son répertoire alimentaire sans anxiété.

Si vous vous posez des questions sur les liens entre les débuts de votre enfant et ses difficultés actuelles, n'hésitez pas à en parler à un professionnel. Vous n'inventez rien — et vous avez raison d'explorer.

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